Les enjeux de la formation au Test Logiciel

Pourquoi et comment maintenir et développer ses compétences de Testeur

La transformation digitale est un défi permanent pour tous les métiers du numérique, et le Testeur de Logiciel n’est pas le moins concerné. Suivre l’évolution des technologies, c’est déjà un job à plein temps, alors comment assurer en plus la qualité et la fiabilité des logiciels livrés à des utilisateurs toujours plus exigeants ?

Contexte technologique : innovant et complexe

 

D’après une étude McKinsey les technologies disruptives, ayant un impact fort sur notre quotidien et sur l’économie en général, représentent un marché dont le volume devrait quadrupler d’ici 2025 et avoisiner des 7 milliards de $.

On estime également qu’en 2013, environ 4 millions de développeurs, répartis à travers la planète, ont programmé près de 100 milliards de lignes de code. En 2015 plus de 2.6 milliards d’appareils mobiles, tablettes ou ordinateurs ont été commandés.

La croissance exponentielle de ce marché, l’intégration de ces différentes technologies à travers le cloud, l’extension permanente du périmètre applicatif, tout pousse à croire que ces équations seront de plus en plus complexes.

Ajoutez à tout cela l’évolution rapide des méthodologies, de l’extrem programming à l’agilité, la multiplication des outils d’intégration continue, de test ou de déploiement des solutions informatiques.

Enfin la maturité de l’activité Testing s’accélère, ses approches organisationnelles, ses processus, ses indicateurs évoluent, les acteurs, les outils, les technologies, les bonnes pratiques, la façon de tester, tout bouge. Ainsi bien sûr que la manière de recruter, former, fidéliser ou motiver les Testeurs.

Testeur : un métier aux compétences multiples

 

Pour un Testeur en effet, cela peut vite devenir un casse-tête de mener à bien ses projets de Test tout en suivant l’évolution des technologies à tester, l’impact des nouvelles méthodologies de développement et de test, des outils de test, ou simplement de l’état de l’art du Test.

Quelques exemples qui incitent le Testeur à rester au top, pour continuer d’être efficace dans son travail de tous les jours :

  • Comprendre l’architecture de la plate-forme à tester, ses composants technologiques, leurs interactions, la circulation des données, les interfaces, les fonctionnalités applicatives
  • Maîtriser le domaine fonctionnel, en se fondant dans les arcanes du métier, des standards, des pratiques, des workflows, des procédures, du vocabulaire, voire de la politique en place dans l’organisation
  • Jongler avec les plannings des projets de développement et de déploiement et planifier, concevoir, exécuter et suivre les activités de test elles-mêmes
  • Faire avancer le projet en conciliant les points de vue des différentes parties-prenantes, en organisant des revues de test ou d’anomalie, stand-ups meetings, réunions d’avancement ou comités projet
  • Entretenir et développer ses capacités d’expression orales et écrites, souvent en plusieurs langues
  • Améliorer l’activité de test en optimisant les processus, en améliorant la couverture de test et en automatisant l’exécution, afin de réduire les coûts, réduire les délais, tout en préservent la qualité
  • Pour le Test Manager il faudra aussi gérer les équipes de Testeurs, résoudre les conflits, distribuer les tâches, améliorer les performances, motiver, recruter, former, sanctionner
  • Continuer d’en apprendre sur les technologies et les méthodes émergentes, les évaluer, les sélectionner et le cas échéant les déployer et les maintenir
  • Entretenir son réseau professionnel, virtuel ou non…

 

Eh oui en tant que Testeur nous devons faire tout ça, rester à la pointe de la technologie, tester le mieux du monde tout en améliorant constamment nos méthodes et outils, au risque d’exposer nos compétences à l’obsolescence, et de voir notre valeur ajoutée fondre comme neige au soleil !

 

L’obsolescence des compétences de Test : un risque sérieux

 

L’obsolescence programmée du Testeur

Comme nous l’avons constaté ci-dessus, les compétences nécessaires dans les activités caractérisant le métier de Testeur sont nombreuses, variées et pointues. Elles ont également en commun d’être dans un contexte évolutif très fort. SI le socle méthodologique des bonnes pratiques de Testing semble d’apparence assez stable, il est bousculé dans sa mise en œuvre par l’apparition de nouvelles approches des projets (agilité), nouvelles méthodes de développement et de déploiement (intégration continue), nouveaux outils d’industrialisation des tests, etc.

Il est d’autant plus vital pour le Testeur d’adapter et de développer de nouvelles compétences, que les « objets à tester » se diversifient de plus en plus avec le déferlement des technologies dites « SMACS » (Social Mobile Analytics Cloud Security). Le système d’information de l’entreprise, accessible via un écran d’ordinateur, un clavier, une souris, et bâti sur des bases de données, des applicatifs et des flux de données, déjà très compliqué à tester, n’est plus la seule préoccupation des décideurs. Le Testeur « 3.0 » doit parfaitement maîtriser ces « extensions » des systèmes d’information.

 

Le besoin de « justifier » le travail de testing

Qui n’a pas connu, en tant que Testeur, notamment en milieu « hostile », le complexe technologique. A l’inverse des programmeurs, les testeurs ne produisent rien de tangible : au mieux ils préviennent les catastrophes. Dès lors, face à des développeurs férus de nouvelles technologies, il faut « se faire respecter », ou tout au moins démontrer au quotidien que l’on suit, que l’on comprend les technologies en jeu et l’architecture du système à tester. C’est un investissement de tous les jours. Dans notre nouvel environnement de travail, fait de réseaux professionnels et de réputation, le Testeur a besoin, sans doute plus que d’autres métiers, de prouver son expertise en restant au fait des compétences les plus pointues.

 

Une reconnaissance récente et fragile

Certes, la dernière décennie a vu, en France notamment, se confirmer une sorte de reconnaissance pour le métier de Testeur. Mais l’essor des certifications par exemple (ISTQB) est très récent. Elles sont encore peu connues, et ne suffisent pas toujours à imposer le Testeur au sein des équipes comme ce qu’il devrait être, une vraie valeur ajoutée pour le projet. Formations et certifications aux méthodes et outils de test restent plus que jamais un passage obligé du développement des compétences, un minimum vital, un kit de survie pour le Testeur. A l’heure des réseaux sociaux et des profils professionnels si facilement accessibles, l’indication des formations et des certifications peut vite faire la différence.

 

La concurrence au sein de l’organisation et à l’extérieur

S’endormir sur ses acquis, ne pas développer ses compétences, laisser l’innovation technologique et méthodologique nous échapper, c’est prendre le risque de perdre en crédibilité et de faire peser une menace bien réelle sur la fonction de Testeur dans l’organisation. N’oublions pas que les organisations se sont passées pendant bien longtemps de cette fonction, du moins sous forme d’équipe « dédiée » au Testing. Un Testeur « essoufflé » qui se contente de suivre le mouvement, sans anticiper les évolutions de tout type, devient vite inutile dans l’organisation. Les développeurs, les business analystes ou l’équipe de support aura vite fait de reprendre à son compte, pas toujours avec bonheur ni avec enthousiasme, une activité de vérification et de validation perçue comme inutile.

Une autre menace qui pèse sur le Testeur dont les compétences stagnent est l’externalisation. Les sociétés de services, spécialisée ou non, off-shorisées ou locales, ont depuis une bonne décennie compris l’enjeu du Test Logiciel comme une activité lucrative à forte valeur ajoutée. Celles qui ont massivement recruté et développé les compétences et les certifications de leurs consultants sont aptes à prendre à leur charge les activités de Testing de tout type d’organisation.

 

La responsabilité sociale de l’employabilité

Les clients finaux comme les sociétés de services, employeurs de Testeurs ont par ailleurs le devoir d’assurer l’employabilité de leurs salariés. Le Testeur n’échappe pas à la règle. Le plan de la formation prévoit notamment un volet sur le développement des compétences, et un volet sur maintien des compétences nécessaires à l’exercice du métier. Et c’est bien de cela dont il s’agit : dans un environnement professionnel aussi mouvant que celui du Testeur de logiciel, ne pas se former, c’est tout simplement risquer de ne plus pouvoir exercer son métier.

 

Quelques conseils pour entretenir et développer ses compétences de Testeur

 

La première étape est sans aucun doute la prise de conscience. Le Testeur doit admettre que sa survie professionnelle passe par la mise en visibilité de ses compétences, sa valeur ajoutée, ses succès professionnels, ses formations, ses certifications, sa contribution au développement de la profession de Testeur.

 

Ensuite il ne faut pas hésiter à se préserver un peu de temps, spécifiquement dédié aux activités permettant de rester à la pointe et pertinent.

Il s’agit en priorité de réussir les projets de Test que l’on mène, que ce soit en tant que Testeur ou Test Manager, c’est-à-dire en respectant les délais, le budget, et avec le niveau de qualité attendue. C’est en effet le meilleur moyen de se maintenir en forme et de prouver qu’on est toujours au top.

 

Il faut d’autre part, bien entendu, miser sur la formation. Obtenir des diplômes, des certifications, notamment techniques, doit être une préoccupation permanente. La formation sous toutes ses formes, à toutes les heures, y compris sur son temps personnel, s’impose aujourd’hui comme une nécessité. Bien sûr l’acquisition de compétences sur le terrain, par l’expérience ou sous différentes formes de coaching et de tutorat a également son importance, mais il est prouvé que la formation « formelle », que ce soit en présentiel, en elearning, en blended learning, visant par exemple à obtenir une certification, et suivie d’une mise en pratique des acquis, reste la meilleure méthode pour acquérir et développer des compétences solides et pérennes.

 

Consolider sa maîtrise des bonnes pratiques de test, expérimenter de nouvelles méthodologies, découvrir des nouveaux outils, explorer les nouveautés technologiques, et valider ces acquis par des examens de certification… Aujourd’hui ça n’est plus un « plus », c’est un prérequis !

 

Sortez de votre zone de confort ! Essayez des projets nouveaux, qui challengent vos compétences… Vous êtes Testeur Web, essayez le mobile ! Spécialiste du test fonctionnel ? Pourquoi ne pas essayer le test de performance, d’utilisabilité, de sécurité ? Expert du domaine bancaire, pourquoi ne pas mettre votre talent de Testeur au service des systèmes d’information de Santé ou d’eCommerce ? D’autre part, n’hésitez pas à approfondir vos compétences techniques sur des sujets cruciaux comme les réseaux, les bases de données, la sécurité ou les objets connectés. Si vous managez une équipe de Testeurs, intéressez-vous au management de la diversité ou au management à distance. Le Testeur de demain devra prouver qu’il dispose de spécialités différenciantes.

 

Ne restez pas passif au sein de la communauté des Testeurs. Prenez la parole sur les forums, intervenez dans les groupes professionnels consacrés au Test Logiciel, partagez votre expérience avec vos pairs ! Chacun d’entre nous, en faisant profiter de ses propres retours d’expérience, contribue à améliorer les bonnes pratiques le « body of knowledge » de cette discipline en pleine évolution qu’est le Test Logiciel.

Contribuer c’est aussi illustrer son profil professionnel (LinkedIn ou Viadeo par exemple) par des réalisations concrètes, des tutoriaux, des témoignages de clients. C’est, pourquoi pas, participer à des groupes de travail sur des aspects particuliers du Test Logiciel.

 

C’est au prix de cette nouvelle dynamique de développement continu des compétences de Testing que le Testeur relèvera le challenge qui l’attend : la transformation digitale aura besoin des meilleurs, et uniquement des meilleurs !

Comment l’Université du Test peut vous aider ?

 

Vous ne savez par où commencer ?

Acial, Pure Player du Test Logiciel depuis deux décennies, délivre des formations certifiantes aux méthodologies et aux outils de test dans le cadre de l’Université du Test. Nos conseillers peuvent vous aider à bâtir, pour démarrer, le parcours de formation le plus adapté à votre situation et vos objectifs. Le parcours complet « Testeur de Logiciel », agréé en France par le Fafiec au titre de l’Action Collective Nationale « Les Métiers du Test » est composé par exemple de près de 200h de formation :

  • L’Essentiel du Test
  • ISTQB Fondation Testeur de Logiciel
  • ISTQB Fondation Extension Testeur Agile
  • HP ALM (Quality Center)
  • HP UFT (Quick Test Pro)
  • HP Performance Center (LoadRunner)
  • TestLink et Mantis (Gestion de Tests et des Anomalies)
  • Selenium (Automatisation des Tests)

Cette formation est assortie d’une mise en pratique sur un cas réel.

Au-delà des formations, les animateurs étant des praticiens expérimentés, l’Université du Test vous apporte de nombreux retours d’expériences, cas d’application, conseils de mise en œuvre.

Entrer à l’Université du Test c’est aussi faire partie d’une communauté de Testeurs unique en France.

 

N’hésitez plus, contactez-nous !

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