Comment les SMACS vont transformer les métiers du test ?

L’une des grandes tendances confirmées lors du bilan semestriel du Syntec Numérique de novembre 2014 le SMACS ! Sous cet acronyme (Social – Mobile – Analytics – Cloud – Security) c’est l’ensemble des projets impactant la transformation digitale de l’entreprise qui s’entend.

Les SMACS représentent un tournant technologique

Les SMACS tirent vers le haut le relatif optimisme des acteurs du numérique pour 2015, et les dépenses prévisionnelles affectées aux nouveaux projets sont en progression pour 56 % d’entre eux ; gageons qu’il s’agit en partie de projets « SMACS » ! Ce sont eux qui ont tiré la croissance du secteur en 2014, avec une progression de 18 %.

Depuis plusieurs mois maintenant, les Instituts d’études annoncent ce tournant des SMACS : IDC les appelle la « troisième plateforme », Forrester les « business technologies », Gartner le « Nexus of force ». Plusieurs écueils doivent être surmontés pour faire réussir ces projets, ce qui nécessite une nouvelle philosophie du test.

Moteurs de la transformation numérique, les SMACS impactent les directions métier

La première grande tendance des projets SMACS est qu’ils sont portés par les directions métier davantage que les DSI, et 20 % d’entre se feront sans l’intervention de la DSI… Ceci introduit des facteurs positifs en rapprochant les utilisateurs finaux du projet, mais génère un risque majeur : comment développer un langage commun et des procédures de qualité dans ce nouvel écosystème ?

Pour le dire autrement, les directions métier auront-elles la maturité suffisante, la compétence méthodologique et technique ou tout simplement les ressources pour réceptionner le nouvel outil digital qui leur sera livré ? Le consultant de test est appelé ici à jouer un rôle majeur : traditionnellement interface entre le système d’information et le métier, son rôle de traducteur et de passeur devient primordial pour la réussite du projet.

La culture « lean » accélère les phases de test et permet un retour client initial

La deuxième tendance à l’œuvre est que le nouvel environnement « lean » dans lequel les projets SMACS se déploient. Issues de la culture start-up du « test fast, fail fast », les nouvelles méthodes de management de projets sont conçues pour concevoir rapidement un premier produit, une version « beta » imparfaite, afin de le confronter au marché et de pouvoir ainsi tirer des enseignements de ce premier retour de l’utilisateur final.

Le test devient donc le cœur managérial et marketing du déploiement des produits numériques. Il ne veille plus simplement à la qualité d’un produit, mais il retransmet les informations issues des clients et des utilisateurs, afin d’améliorer le produit. Cela suppose pour le testeur de maîtriser à la fois les enjeux techniques et les problématiques marketing.

Des outils complexes à tester, qui posent des questions de méthodologie

La troisième tendance des SMACS est leur caractère « multiplateforme » : si le Test est devenu une activité de spécialiste, comme en conviennent aujourd’hui la plupart des experts, le SMACS Test est un travail de recherche et développement permanent… Tester une application, soit, mais que signifie tester un RSE (Réseau Social d’Entreprise) par exemple ?

Quelle stratégie adopter pour choisir entre les multiples scénarios utilisateurs et administrateur ? Comment constituer des jeux d’essai pertinents ? Comment dimensionner la plate-forme de recette ? Comment d’autre part organiser efficacement une campagne de test d’application Mobile, compte tenu de la diversité des supports et de la rapidité de développement des apps ? Si les Analytics ne sont plus tout à fait nouvelles, l’introduction de la dimension Big data complique la phase de test… Quant au Cloud : comment tester dans les nuages ?

Le facteur humain au cœur de la problématique de sécurité

Enfin, le quatrième grand enjeu, appelé à devenir de plus en plus crucial, est la sécurité. Cette dernière, qui reste le grand sujet – transverse à tous les autres –, doit bien sûr faire l’objet d’une attention toute particulière lors des phases de test des projets de ce type. Elle est un bon exemple de la nécessité pour le test d’être pensée sur différentes échelles : logicielle, systémique, organisationnelle.

C’est en effet dans un environnement de sécurité que le risque doit en effet être identifié. Mais l’accent doit aussi être mis sur le facteur humain, tant les « advanced persistent threats » actuelles utilisent les failles humaines pour défier les dispositifs de sécurité.

Humain, réactivité, multiplateformes et différentes échelles d’analyse : on le voit, les sujets de préoccupation ne manquent pas pour assurer la qualité des projets SMACS !

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